Pourquoi on devient psy 17 – La conformité engendre la sécurité… 1

 Je me suis installée dans mon rôle de maman ,

j’ai 6 semaines  de congé de maternité devant moi …cela me paraît être une éternité et j’aurais tendance à me sentir coupable de profiter de mon traitement de prof alors que je reste à la maison . Je n’ai pas encore compris que la société me paie pour  maintenir la croissance démographique  afin d’assurer  les retraites des générations qui suivent …quand on a 22 ans ce genre de considérations, c’est une histoire de vieux .

Là, je suis dans ma bulle

et j’ai l’impression d’être la seule et unique personne au monde à vivre ce que je vis. C’est tellement dense et intime que je ne peux imaginer que d’autres ont vécu cela avant moi. Je me sens en connexion spirituelle avec quelque chose de plus grand que moi qui fait que tout naturellement,  je ne suis plus que responsabilité envers ce  petit être vivant  qui est sorti de mon ventre  et qui me bouffe les seins comme s’ils n’existaient que pour lui. Je perds le sommeil, car j’ai peur de ne pas entendre  ses pleurs…ou pire j’ai peur de ne pas entendre qu’elle ne respire plus. La nuit je vais la nourrir dans sa chambre là où il fait chaud… je la prends contre moi et nous nous berçons dans ce petit fauteuil à bascule en harmonie avec le lieu, c’est  la seule pièce de la maison qui satisfait mon besoin de confort et d’esthétique…on a l’impression de changer de planète quand on franchit la porte . Nous vivons toutes les deux  un moment intense d’intimité …elle prend goulûment mes tétons avec un plaisir bestial …elle a faim, elle a besoin de réconfort , elle a besoin de ma  chaleur et mon odeur pour se sentir à nouveau en sécurité. Moi j’ai les seins qui brûlent et se crevassent, mais  j’ai une sensation de plénitude dans le ventre …quand on nourrit son enfant, on est hors du temps …j’aurais tendance à m’endormir avec elle dans les bras, tant la douceur de la vie est présente…mais je ne peux pas me laisser aller complètement…elle pourrait tomber…

Le temps est passé à la vitesse de l’éclair entre les lessives,

les bains, les langes, les visites de l’infirmière de l’ONE…les pesées à la consultation des nourrissons et aussi tout ce qui était déjà présent avant l’arrivée de cette météorite …l’entretien de la maison, les courses, le repas du soir …les week-ends chez les grands-mères …on avait décidé ou plus exactement le chef de famille avait décidé que nous passerions un week-end chez sa mère et le suivant chez la mienne et ainsi de suite … Alors pour ne pas faire de trajets inutiles et comme nous bénéficions de 2 voitures dans le ménage , le plus rationnel est que l’on se rejoignent  directement le samedi midi au domicile de l’une des deux mamys….ce qui revient à dire que c’est moi qui prévois d’embarquer le couffin , le maxi cosy, le lit  pliant, et tout ce qui va avec… Et comme  l’esthétique est un critère important pour moi… j’aime avoir sous la main les coordonnées de draps, de bavoirs, de brassières , de grenouillères …Il n’est pas question que ses draps soient roses et sa brassière bleue …. « c’est parfois lourd à assumer en termes de valises et de lessives …mais après coup il est très humiliant de se rétracter …c’est un peu comme si on donnait raison aux autres qui ne manqueront pas l’occasion de vous dire : « tu vois, je te l’avais bien dit ! »

Je redoute les week-ends familiaux ,

je m’y ennuie, je n’ai pas mes petites affaires , il faut faire la conversation , parler de tout et de rien , faire la sympa, celle qui est contente d’être là ….et je me doute que pour les mamys ce n’est pas plus commode, elles doivent assurer l’intendance …faire de la place pour accueillir le débarquement  et tout remettre en ordre après le raz de marée…25 ans plus tard quand je suis devenue mamy à mon tour, j’ai mesuré pleinement ce que j’avais fait subir à nos mères.

Il faut que je vous parle d’un événement qui m’a conforté dans l’idée d’avoir toujours le contrôle de ma vie .

Certains lecteurs et lectrices s’y reconnaîtront ! Quand on a vécu même inconsciemment les angoisses de l’abandon, on reste sur la défensive quand on vous propose de l’aide ! Mais comme les humains sont programmés  pour vivre en groupe , souvent la vie nous invite à manifester de la confiance  les uns envers les autres …et cela demande un gros effort aux inconditionnels du « contrôle » !

Cette petite leçon de la vie m’a été offerte par les minaudages de ma mère

qui durant les 3 derniers mois de ma grossesse n’avait de cesse  de me convaincre qu’elle assumerait la garde de son petit Zouzou jusqu’aux prochaines vacances scolaires. Elle viendrait vivre chez moi  4 jours d’affilée , elle occuperait une chambre au deuxième étage et se ferait toute petite pour ne pas perturber mon ménage !!!!! Et là, j’ai pas su dire NON… pour ne pas couper ce lien tout frais qui nous unissait ma mère et moi depuis ma maternité. Ce vicieux comportement qu’on appelle la dépendance affective et dont je parle dans le 3e article  de « partage-de-reussites.com ». Pourquoi vicieux : parce qu’on se nie en disant OUI alors qu’on sait qu’on va se casser la gueule …mais l’amour qu’on pourrait recevoir en retour est tellement vital qu’on se laisse aller à y croire encore une fois . C’est comme le père Noël, on sait qu’il n’existe pas, mais on espère quand même  apercevoir des cadeaux dans la cheminée à chaque aurore du 25 décembre.

Quinze jours avant la fin de mon congé de maternité,

je remets l’engagement de ma mère sur le tapis …j’insiste et elle maintient ses positions . Huit jours avant  la fin de mon congé de maternité, je reviens à la charge …elle me fait un topo de la situation …et je m’aperçois qu’elle s’aperçoit avoir  oublié de tenir compte de certains paramètres…mais elle s’en défend et trouve une parade affective en affirmant que l’amour qu’elle a pour sa petite fille évincera toutes ces petites difficultés matérielles …là je sens le fond du gouffre avec le bout de mon pied …le cassage de gueule est programmé et sera là très vite. La veille, je téléphone …c’est toujours Ok pour elle , mais elle n’a pas le temps d’en discuter…elle a des choses à faire .

Le jour J…

6 heures du matin …le téléphone  sonne…ma chérie, je n’en ai pas dormi de la nuit …cela fait 8 jours que je retourne le problème dans ma tête et que je n’ose pas t’en parler…ça partait d’un bon sentiment, tu sais…mais j’habite vraiment trop loin ! J’ai claqué le téléphone au milieu de sa phrase  avec de la rage jusqu’au bout des ongles …j’avais envie de me gratter partout .

Avec le recul j’ai compris qu’elle voulait compenser certains comportements

qu’elle n’avait pas eus avec moi  et ainsi se déculpabiliser de sa conduite . Mais ce jour-là tout était nébuleux , car je ne comprenais pas pourquoi elle avait tellement insisté pour jouer les mamys modèles alors que je ne lui demandais rien….  Mais ce jour-là je ne savais pas encore qu’elle m’avait abandonnée …et qu’en me proposant son aide , elle espérait  régler son conflit intérieur à mes dépens .

 Il est 8 heures …j’entre dans mon école avec mon bébé dans son couffin,

au pied duquel se trouvent 3 biberons, un chauffe-biberon , 3 bavoirs  , 5 langes et une salvatrice tétine… Toutes mes collègues s’agglutinent autour de nous, elles ne connaissent pas ma déconvenue  et elles me félicitent d ‘avoir eu l’idée de venir montrer ma petite merveille  …Ha, c’est sympa toutes les jeunes mamans devraient faire pareil …au moins comme cela on peut partager leur bonheur plus concrètement….Effectivement ce fut sympa durant 10 minutes…  et la cloche se mit à hurler le rappel à l’ordre …je n’avais jamais ressenti à quel point le son électrique de cette sonnerie était agressif … Il était l’heure de me diriger vers la rang dont j’ai la charge  …avec dans la main droite  mon cartable …et tout au bout de mon bras gauche  mon couffin.. Après avoir satisfait la curiosité de mes jeunes élèves, nous nous sommes dirigés au deuxième étage de l’ancien bâtiment vers la salle de cours accessible par un vieil escalier en bois  tout étroit  qui craque de douleurs sous notre poids.  En ouvrant la porte  du local , j’étais en nage avec une forte envie de pleurer que je contenais en serrant les dents . J’ai déposé ma petite merveille sur le bureau et la porte s’est ouverte avec violence … une voix m’a craché à la figure que j’occupais son local…des changements avaient eu lieu …j’aurais pu prendre la peine de m’informer… « Reprenez votre enfant quittez les lieux, j’ai un cours à donner ! » m’a dit la voix . J’ai du confier ma petite fille à des élèves de 12 ans, le temps de courir au secrétariat pour connaître les nouvelles attributions …revenir en courant …et re déplacer tout mon bardât dans les escaliers, dans les couloirs et les méandres de ma rage intérieure.

Comment se fait-il que je me sois laissé insulter de la sorte …

Souvent on met cela sur le compte de la surprise , mais c’est beaucoup plus profond qu’il n’y paraît …quelque part dans le labyrinthe de la mémoire doit se tapir  un souvenir cuisant de non-estime de soi  qui refait surface chaque fois qu’on est pris en défaut …cela nous coupe les jambes et bloque les cordes vocales …on redevient instantanément ce petit enfant maladroit pris au piège . La cloche a retenti à nouveau, mais cette fois c’était pour me sauver du présent …il est midi et j’ai 2 heures devant moi pour convaincre la gestionnaire de cette petite maison maternelle qui n’accepte que 2 ou 3 enfants à garder . Je sonne à cette vielle porte agrémentée d’un vitrail  protégé par un fer forgé …Une silhouette vient à ma rencontre…la porte s’ouvre et une forte odeur de lait sur me brûle les narines …ça sent le nourrisson , c’est insupportable, mais je m’accroche …j’ai besoin d’aide …alors je plaide ma cause avec ardeur  et authenticité . J’essaie de transmettre à cette jeune femme le tour de cochon que m’a joué ma mère …et l’impasse dans laquelle je me trouve … Il faut croire que j’ai bien argumenté, car elle a eu pitié de moi et elle a accepté mon enfant pour la semaine, le temps de me retourner … Merci la vie…Cette jeune femme était charmante et généreuse …et je me suis habituée à l’odeur sure du nourrisson. Durant 6 mois,  ce fut le Grand Silence  entre  ma mère et moi …j’avais décidé qu‘elle n’avait plus ni fille ni petite fille. Bien fait  … la vie !

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